Conférence de la Section MAK Nord Pas De Calais
Allocution de Mme Djamila Amgoud
Conférence de la Section MAK Nord Pas De Calais
Jeudi 25 juin 2009 à Lille
Azul à toutes et tous !
La femme a de tout temps été un élément important, plus qu’un simple soutien à l’homme, à travers l’histoire de l’Algérie et de la Kabylie.
La femme kabyle en particulier, a toujours joui d’une certaine liberté, je dirai même d’une liberté certaine sur son propre territoire, à savoir la Kabylie. A travers les siècles, elle s’est battue pour défendre et préserver sa culture et son identité, et souvent même inconsciemment
Comment pourrait-on aujourd’hui imaginer que la Kabylie puisse mener un combat aussi grave et aussi essentiel que celui qu’elle est en train de mener pour arracher sa liberté et avoir le droit de gérer ensuite son destin et tout ceci sans ses femmes ? Croyez vous sincèrement que ce combat puisse se faire sans la femme kabyle ? Je n’y crois pas une seule seconde.
La place que doit prendre la femme dans l’autonomie de la Kabylie et le rôle qu’elle doit y jouer sont vitaux.
Nous savons que le peuple kabyle ne baissera pas les bras pour préserver et assurer un avenir à ses enfants et pour que leur héritage ne leur soit pas volé. C’est donc un droit mais plus encore un devoir pour la femme kabyle en tant que mère de défendre cet héritage qui revient de plein droit à nos enfants.
Quand je parle d’héritage, je parle de la terre de Kabylie bien sûr, mais pas seulement. Je parle aussi de notre culture, de notre identité, de notre richesse historique, de toutes nos valeurs spécifiques connues et reconnues.
Quand je dis « culture » je pense à notre richesse artisanale et culturelle (la cuisine, les bijoux, la musique, le tissage, la couture, l’artisanat en général), quand je dis « identité » je pense à notre langue Kabyle issue du Tamazight qui est multimillénaire et l’une des plus anciennes langues de l’histoire humaine, je pense à notre écriture qui commence à ressurgir de l’oubli ; quand je dis « richesse historique » je pense aux différentes civilisations qui ont pu traverser le pays et qui y ont vécu plus ou moins longtemps, laissant chacune derrière elle une pierre à l’édifice qui forme aujourd’hui un patrimoine d’une valeur inestimable.
Qui transmet aux enfants le patrimoine culturel et l’identité à un enfant, si ce n’est la mère, donc la femme ?
En tant que mère nous avons, nous les femmes, le double devoir de protéger et de transmettre cet héritage à nos enfants, mais nous avons également et c’est, à mon humble avis, le plus important, le devoir de leur préparer un avenir en débroussaillant le terrain de toutes ses mauvaises herbes (et en ce qui concerne la gente féminine, je pense notamment à la suppression du code de la famille qui est une insulte à la femme algérienne, à l’installation de la liberté d’opinion, de réflexion et du choix du culte).
Je souhaite ouvrir à la génération qui nous suit tous les champs d’actions qu’ils soient économique, socio-éducatif, politique et autres. Je souhaite que nous façonnions ensemble les clefs de leur avenir. Côté capacités intellectuelles, je ne me fais pas trop de soucis, il suffit de voir le nombre de cadres kabyles qui foisonnent à travers le monde et cela dans tous les domaines d’activités.
Nous avons besoin de la femme. Son énergie, son courage, son intelligence sont autant d’éléments essentiels à notre combat. Chaque femme (kabyle ou pas) éprise de liberté et de respect des droits de l’être humain a sa place au sein du MAK. Nous avons besoin de toutes les femmes : celles qui sont au foyer, celles qui travaillent, les étudiantes, toutes les catégories sociales sont sollicitées et invitées à rejoindre notre combat pour la sauvegarde de la liberté de nos enfants et de la survie du peuple kabyle, car il s’agit bien de cela. C’est ce qui est aujourd’hui en jeu !
La Kabylie ne pourra vivre sereinement et pleinement qu’avec l’implication de chacune et chacun de ses enfants et dans l’égalité des sexes.
Un peuple ne peut vivre en toute sérénité qu’avec toutes ses composantes.
On ne peut applaudir d’une seule main !
Est-il nécessaire de rappeler l’article N°1 du chapitre 2 du Projet Pour l’Autonomie ? Qui dit :
« La Kabylie autonome consacrera le respect des droits humains sans distinction de sexe, de race, de langue ou de religion. Par conséquence le code de la famille y sera abrogé, la polygamie n’aura plus sa raison d’être et le statut personnel sera régi par des lois égalitaires. »
Je veux voir plus de femmes dans les sections locales du MAK, plus de femmes dans les différentes commissions d’actions du MAK, plus de militantes et d’adhérentes. Etre sympathisante c’est bien, mais militer et adhérer, c’est concrétiser nos rêves de liberté pour nous même et surtout pour nos enfants.
Tannemirt à chacune et chacun d’entre vous de m’avoir écoutée et j’espère surtout entendue !!
Djamila Amgoud